Qui suis-je ?

Il était une fois Descartes : « Je pense donc je suis »
 
Descartes remastérisé :
 
Je suis digital donc je suis
Je suis connecté donc je suis
Je tweete donc je suis
Je like donc je suis
J’ai des followers donc je suis
J’ai Snapchat donc je suis
J’ai Instgram donc je suis
Je fais des lives donc je suis
Je prends des selfies donc je suis
J’ai les deux doigts levés donc je suis
 
Je dépense donc je suis
Je consomme donc je suis
Je suis la tendance donc je suis
Je suis make-upé donc je suis
Je suis manucuré donc je suis
Je suis stylé avec une barbe donc je suis
Je suis Mikeal korsisé donc je suis
Je suis en jean déchiré donc je suis
Je suis en skinny slim trendy donc je suis
Je suis louboutinisé donc je suis
Je suis guccisé donc je suis
Je suis iphonétisé donc je suis
Je suis Louis vuittonisé donc je suis
Je suis avec eux donc je suis
Je suis là où il faut paraître donc je suis
Je suis vegan végétarien donc je suis
Je suis francisé américanisé donc je suis
 
Je suis in donc je suis
Je suis une apparence donc je suis
Je suis la vague donc je suis
Je suis un clone donc je suis
Je suis lobotomisé donc je suis 
 
Je les suis donc je suis
Je suis un mouton donc je suis
 
Je n’y suis pas donc je ne suis pas ?
 
N.B. : Je tiens à m’excuser si j’ai heurté la sensibilité existentielle, vestimentaire ou virtuelle de certains d’entre vous mais aussi si mes références IN ne sont plus du goût du jour.  

Le(s) pouvoir(s) des mots

Les mots nous protègent
Les mots nous détruisent
Les mots nous consolent
Les mots nous mentent
Les mots nous minent
Les mots nous animent
Les mots nous étourdissent
Les mots nous flattent
Les mots nous guérissent 
Les mots nous soulagent
Les mots nous étranglent
Les mots nous pourchassent
Les mots nous anéantissent
Les mots nous nourrissent
Les mots nous libèrent
Les mots nous survivent
Les mots nous enchantent
Les mots nous impressionnent
Les mots nous narguent
Les mots nous larguent
Les mots nous encouragent
Les mots nous éloignent
Les mots nous rapprochent
Les mots nous pèsent
Les mots nous apaisent
Les mots nous blessent
Les mots nous rassurent
Les mots nous délivrent
Les mots nous désertent
Les mots nous envoûtent
Les mots nous rabaissent
Les mots nous attendrissent
Les mots nous aveuglent
Les mots nous effrayent
Les mots nous soignent
Les mots nous effleurent
Les mots nous choquent
Les mots nous alourdissent
Les mots nous bouleversent
Les mots nous allègent
Les mots nous poignardent
Les mots nous guident
Les mots nous sourient
 Les mots nous chagrinent
Les mots nous interpellent 
Les mots nous saignent
Les mots nous appauvrissent
Les mots nous assassinent
Les mots nous captent
Les mots nous tourmentent
Les mots nous harcèlent
Les mots nous frappent
Les mots nous punissent
Les mots nous sauvent
Les mots nous catapultent
Les mots nous attendent
Les mots nous trompent
Les mots nous parlent
Les mots nous trahissent
Les mots nous accablent
Les mots nous embellissent
Les mots nous endurcissent
Les mots nous écorchent
Les mots nous affaiblissent
Les mots nous ennuient
Les mots nous embêtent
Les mots nous chamboulent
Les mots nous maudissent
Les mots nous piétinent
Les mots nous enrichissent
Les mots nous aveuglent
Les mots nous définissent
Les mots nous envahissent
Les mots nous déchirent
Les mots nous empoisonnent
Les mots nous emprisonnent
Les mots nous foisonnent
Les mots nous échappent
Les mots nous manquent

Les mots
Nos mots
Leurs mots
Ses Mots
Tes Mots
Mes Mots

© Ruinart

J’ai connu quelqu’un

« A mes amours anciennes, les seules qui durent.
[…]
Le rien-dire ne sauve pas, moi il ne m’a pas sauvé. Je crois même qu’il m’a enfoncée un peu plus dans la tristesse, le chagrin. Pour être tout à fait honnête, il m’a dévasté parce qu’il est peuplé d’images, le silence, de souvenirs impossibles à chasser, telles ces mouches importunes qui tournent autour du visage, qu’on tente d’éloigner avec de grands mouvements de bras, et qui toujours reviennent. Et puis, dans le silence, on est sans défense : les assauts n’en sont que plus blessants. Alors maintenant, j’essaie les mots, ça ne pourra pas être pire. Qui sait si, en parlant, je ne vais pas me délester de la douleur entassée ? Un peu. Pourquoi t’écrire à toi , me diras-tu ? Mais parce que des paroles sans destinataire ne sont pas vraiment des paroles. Sans écho, elles se perdent. C’est comme si elles n’avaient jamais existé. C’est écrire au vent, au désert, à l’abîme. Si personne ne m’écoute, autant continuer à me taire. Quelqu’un doit m’écouter. Et qui mieux que toi ?
Oui, qui mieux que toi ?
[…]
Ce sont les détails qui me crèvent le plus le cœur, ce sont les choses de presque rien, qui se produisent sans que je les prévoie, surgissent dans mon quotidien, qui me mettent à terre. 
[…]
Non, tu ne m’as rien laissé, que la mémoire. La mémoire, elle, freine les convalescences.
[…]
« Vous vous êtes tant et si mal aimés, tous les deux. » La phrase est venue comme un coup de grâce. Tombée comme un couperet. J’ai entendu le bruit de la lame quand, après sa course brève, elle sectionne les nuques. Tant et si mal aimés. Peut-on viser plus juste ?
[…]
Je me souviens de tout, avec une précision effrayante, en dépit des efforts gigantesques que je déploie pour tout oublier.
[…]
Tu sais cela, toi mieux que quiconque : ma fragilité devant l’irréparable, mon effroi devant l’inintelligible.
[…]
Ne plus être écrasée par les souvenirs mais apprendre à vivre avec eux, ne plus être écrabouillée par le chagrin mais le dominer, ne plus être dans le ressassement mais simplement dans l’effleurement. Ce serait bien alors. Je serais sur la voie de la guérison.
[…]
Les quelques alliés restés dans la place s’empressent de me signaler, sur le faux air de la confidence, que certains – mais pas eux, bien entendu -s’amusent à mesurer les variations de mon humeur, à soupeser mon malheur, à évaluer mes progrès en lisant entre mes lignes. Il s’en trouve même qui éditent mon bulletin de santé rien qu’en observant de plus près les textes que je propose. Les ignorants, oublient-ils que l’écriture est un travestissement, si on le décide ?
[…]
Je suis persuadée que tu ne m’as pas oubliée, tu n’es pas un magicien quand même, tu ne fais pas disparaître les gens, l’oubli n’est pas un événement qui se provoque, c’est seulement avec le temps que les êtres s’estompent, sans s’effacer entièrement du reste. Du coup, c’est un peu pénible, ta façon de m’éloigner, de me tenir à distance telle une pestiférée. J’y vois une inélégance, presque de la cruauté, pardon. Cela présente un avantage néanmoins : m’apprendre à t’en vouloir, certains soirs d’une trop grande fatigue.
[…]
Guérit-on jamais des hommes qui nous quittent ?
[…]
De toute façon, tous les exils sont illusoires, paraît-il, l’éloignement ne règle rien, et on ne finit jamais très loin du point d’où on était parti.
[…]
Seule avec ton souvenir, et ton absence, et ton silence, et l’écriture qui tente de les réduire.
[…]
Sans raison, je me pose cette question : te reconnaîtrais-je si je te revoyais ? Je veux dire : un être peut-il changer au point de nous devenir un étranger ?
[…]
Puisque nous ne nous reverrons pas. Puisque nous n’aurons pas l’occasion de mesurer sur l’autre les ravages du temps. Il est probable que même le hasard désormais ne nous remettra pas en présence. N’empêche, je conserverai ce regret : ne pas savoir précisément l’homme que tu es devenu. Alors tu demeureras, malgré toi, malgré moi, cet amoureux sans beaucoup de défauts. Certains jours, je m’en réjouis. Et d’autres, non. D’autres jours, en effet, ce constat me dévaste. Pourquoi ? Mais parce que, à certains égards, je le confesse, cela m’aurait arrangée que tu sois un peu détestable.
[…]
Rien ne me paraissait pire que de te perdre. Et je t’ai quand même perdu.
[…]
Je ne lui en ai rien dit. Au reste, je ne lui ai presque pas parlé de toi. Il connaît ton existence, bien entendu. Il sait le temps partagé, les amours chaotiques, la séparation. Je lui ai mentionné ton prénom, ta profession, ces choses à quoi on a recours pour définir les gens, pour les situer, mais guère plus. Je n’ai pas évoqué la violence des sentiments, ni celle de la rupture. Je n’ai pas dévoilé les raisons de mon exil, ni les lettres envoyées d’Amérique ou d’Europe. Il ne m’a pas particulièrement questionnée, je n’ai pas eu à lui mentir. Je me tais pour ne pas l’effrayer. Je ne voudrais pas qu’il me considère comme une femme friable, vulnérable, ni comme une malade pas vraiment guérie et susceptible de rechuter. Je lui dissimule les entailles profondes que tu as laissées, aussi bien celles qui me font souffrir que celles qui racontent nos étreintes passées. Ainsi il n’a pas à redouter que je me perde à nouveau. Je suis convaincue néanmoins qu’il a compris l’essentiel. S’il ne m’interroge presque pas, c’est parce qu’il dispose des réponses. Il ne mesure pas exactement l’ampleur des dégâts que tu as causés mais il la devine assurément lorsque, posant ses doigts sur ma peau, il épouse le creux de mes plaies. Ses caresses m’aident à les soigner, ces plaies, enfin.
[…]
Je sais que nous nous reverrons un jour. C’est fatal. Nous ne pourrons pas éternellement nous éviter. Le hasard nous remettra forcément face à face. Oui, disons le hasard, c’est commode, passe-partout. » Se résoudre aux adieux – Phillipe Bessonamour


« Mais dans ses yeux, je lis encore la tristesse de notre séparation, un détail auquel je ne suis pas habituée. Quand nous étions ensemble – surtout au début, quand tout était nouveau et débordant de promesses –, il n’y avait que du rire dans ses yeux. Je me demande si je suis l’unique responsable de cette joie disparue.
La serveuse pose nos boissons sur la table et s’éclipse. Jack me sourit et lève son verre. « Aux vieux amis », dit-il. 
Je contemple l’homme assis en face de moi, l’homme que j’étais sur le point d’épouser. J’observe ses joues rosées, son sourire un peu de travers, ses taches de rousseur sur les bras, ses ongles qu’il ronge encore jusqu’au sang. Il est si authentique. Et malgré son infidélité, j’aime beaucoup cet homme. Je l’apprécie vraiment, simplement. Certains amis sont comme un pull préféré. La plupart du temps, nous choisissons un tee-shirt ou un chemisier. Mais le pull est toujours là, au fond du placard, confortable, rassurant, prêt à nous réchauffer par ces journées ventées. Jack Rousseau est mon pull préféré.
« Aux vieux amis », dis-je en sentant s’installer en moi l’ombre de la nostalgie. Je la repousse aussi vite qu’elle est venue. Je suis avec Michael, à présent. » Un doux pardon – Lori Nelson Spielmanamour


« J’ai connu quelqu’un,  il y a longtemps. C’était un garçon ordinaire, sauf qu’il m’a
tapé dans l’œil dès que je l’ai vu. Il était gentil et tendre. J’ignore comment il a fait, mais au bout d’un flirt il a réussi à être le centre de l’univers pour moi. J’avais le coup de foudre toutes les fois qu’il me souriait, si bien que lorsqu’il me faisait la gueule quelquefois il me fallait allumer toutes les lampes en plein jour pour voir clair autour de moi. Je l’ai aimé comme c’est rarement possible. Par moments, au comble du bonheur, je me posais cette question terrible : et s’il me quittait ? Tout de suite, je voyais mon âme se séparer de mon corps. Sans lui, j’étais finie.
Pourtant, un soir, sans préavis, il a jeté ses affaires dans une valise et il est sorti de ma vie. Des années durant, j’ai eu l’impression d’être une enveloppe oubliée après une mue. Une enveloppe transparente suspendue dans le vide. Puis, d’autres années ont passé, et je me suis aperçue que j’étais encore là, que mon âme ne m’a jamais faussé compagnie, et d’un coup, j’ai recouvré mes esprits …
Ses doigts couvent les miens, les broient.
Ce que je veux dire est simple, Amine. On a beau s’attendre au pire, il nous surprendra toujours. Et si, par malheur, il nous arrive d’atteindre le fond, il dépendra de nous, et de nous seuls, d’y rester ou de remonter à la surface. Entre le chaud et le froid, il n’y a qu’un pas. Il s’agit de savoir où mettre les pieds. C’est très facile de déraper. Une précipitation, et on pique du nez dans le fossé. Mais est-ce la fin du monde ? Je ne le pense pas. Pour reprendre le dessus, il suffit juste de se faire une raison. »
L’attentat – Yasmina Khadraamour


« Il est tellement important de laisser certaines choses disparaître. De s’en défaire, de s’en libérer. Il faut comprendre que personne ne joue avec des cartes truquées. Parfois on gagne, parfois on perd. N’attendez pas que l’on vous rende quelque chose, n’attendez pas que l’on comprenne votre amour. Vous devez clore des cycles, non par fierté, par orgueil ou par incapacité, mais simplement parce que ce qui précède n’a plus sa place dans votre vie. Faites le ménage, secouez la Poussière, fermez la porte, changez de disque. Cessez d’être ce que vous étiez et devenez ce que vous êtes.  …
Mon coeur est blessé mais il se rétablit et j’entrevois de nouveau la beauté de la vie. Cela m’est déjà arrivé, cela m’arrivera de nouveau, j’en suis certain.

Lorsque quelqu’un s’en va, c’est que quelqu’un d’autre va arriver – je rencontrerai de nouveau l’amour. »  Le Zahir – Paulo Coelho


« Mais au fond de lui, il pensait exactement le contraire. Il savait que ce combat était illusoire. On ne peut pas liquider les souvenirs d’un simple coup de balai. Ils restent en nous, tapis dans l’ombre, guettant le moment où l’on baissera la garde pour resurgir avec une force décuplée » Demain – Guillaume Musso


« – Tu parles beaucoup de lui, et chaque fois que tu prononces son nom, ta voix est nostalgique, ça laisse peu de place au doute.
– À quel doute ?
– Aux tiens! Je crois que tu aimes cet homme et que ça te fiche une peur bleue.
– Viens, rentrons chez toi, je commence à avoir froid.
– Comment fais-tu pour avoir autant de courage pour les autres et si peu pour toi ? » Où es-tu? Marc Levyamour

Des bribes de vies

« Aime une fille qui lit. Aime une fille qui dépense son argent dans les livres au lieu des habits, dont les placards débordent parce qu’elle a trop de livres. Aime une fille qui possède une liste de livres à lire et une carte de bibliothèque depuis l’âge de douze ans.

Trouve-toi une fille qui lit. Tu la reconnaîtras parce qu’elle a toujours un livre à lire dans son sac. Elle regarde avec admiration les livres rangés sur les étagères des librairies, s’extasie discrètement quand elle a trouvé le livre qu’elle cherchait. Tu vois cette fille bizarre qui respire les pages des vieux livres dans les librairies d’occasion ? C’est elle, la lectrice. Elle ne peut pas s’empêcher de respirer les pages des livres, surtout quand celles-ci sont jaunies et fatiguées.

C’est celle qui lit en passant le temps dans le café au coin de la rue. Si tu regardes sa tasse, tu remarqueras que le café a refroidi, parce qu’elle est déjà complètement absorbée par son livre. Perdue dans le monde imaginé par l’auteur. Assieds-toi. Peut-être te lancera-t-elle un regard, car la plupart des filles qui lisent n’aiment pas être dérangées. Demande-lui si elle aime son livre.

Propose-lui une nouvelle tasse de café.

Dis-lui ce que tu penses vraiment de Murakami. Demande-lui si elle a dépassé le premier chapitre de Fellowship. Comprends bien que si elle te dit qu’elle a compris Ulysses de James Joyce, elle dit ça juste pour avoir l’air intelligent. Demande-lui si elle aime Alice ou voudrait être elle.

C’est facile d’aimer une fille qui lit. Offre-lui des livres pour son anniversaire, Noël et toutes les autres fêtes. Offre-lui des mots, des poèmes et des chansons. Offre-lui Neruda, Pound, Sexton et Cummings. Montre-lui que tu as compris que les mots sont de l’amour. Il faut que tu comprennes qu’elle connait la différence entre les livres et la réalité, mais que malgré tout, elle essayera quand même de faire que sa vie ressemble un peu à son livre préféré. Ce ne sera jamais de ta faute si c’est le cas. Il faut qu’elle essaie.

Mens-lui. Si elle comprend la syntaxe, elle comprendra que tu as besoin de mentir. Derrière les mots se cachent d’autres choses : des raisons, des valeurs, des nuances et des dialogues. Ça ne sera pas la fin du monde.

Déçois-la. Parce qu’une fille qui lit sait que les déceptions précèdent toujours des sommets d’émotions. Parce qu’une fille qui lit comprend que toutes les choses ont une fin, mais qu’on peut toujours écrire une suite. Qu’on peut recommencer encore et encore, et rester le héros. Que dans la vie, il y a toujours un ou deux méchants. Pourquoi avoir peur de tout ce que tu n’es pas ? Les filles qui lisent comprennent que les gens, comme les personnages, peuvent évoluer. Sauf dans Twilight.

Si tu trouves une fille qui lit, ne la laisse pas t’échapper. Si tu la retrouves à 2 heures du matin, serrant un livre contre elle et pleurant, prépare-lui une tasse de thé et prends-la dans tes bras. Tu la perdras sûrement pour quelques heures, mais à la fin, elle reviendra toujours. Elle parlera comme si les personnages du livre existaient vraiment, parce qu’ils existent toujours, l’espace d’un instant.

Tu la demanderas en mariage dans une montgolfière. Ou à un concert de rock. Ou l’air de rien, la prochaine fois qu’elle sera malade. Par Skype. Tu souriras tellement que tu te demanderas pourquoi ton cœur n’a pas encore éclaté. Tu écriras l’histoire de vos vies, vous aurez des enfants avec des noms étranges, des goûts étranges aussi. Elle fera découvrir Le chat chapeauté et Aslan à vos enfants, peut-être même les deux dans la même journée. Vous passerez vos vieux jours en vous promenant bras dessus, bras dessous, et elle récitera doucement Keats pendant que tu feras tomber la neige de tes bottes.

Aime une fille qui lit, parce que tu le mérites. Tu mérites une fille qui peut, par son imagination, parer ta vie de mille couleurs. Si tu n’es capable de lui offrir que de la monotonie, des idées ternes et des demi-mesures, mieux vaut rester seul. Si tu veux le monde entier, et tous ceux qui se cachent derrière, aime une fille qui lit. Encore mieux, aime une fille qui écrit. » Rosemarie Urquico


« C’est aussi simple que cela. La vie est faite de hauts et de bas, et personne ne saurait en situer le juste milieu. On n’est même pas obligé de ne s’en tenir qu’à soi même. Le malheur qui nous frappe ne prémédite pas son coup. Comme la foudre il nous tombe dessus, comme la foudre il se retire, sans s’attarder sur les drames qu’il nous inflige et sans les soupçonner. Si tu veux pleurer, pleure ; si tu veux espérer, prie, mais, de grâce
ne cherche pas de coupable là où tu ne trouves pas de sens à ta douleur …

Le malheur est un cul-de-sac. Il mène droit dans le mur. Si tu veux t’en sortir, rebrousse chemin à reculons. De cette façon, tu croiras que c’est lui qui s’éloigne pendant que tu lui fais face …

S’il n’y avait qu’un seul instant de notre vie à emporter pour le grand voyage, lequel choisir ? Au détriment de quoi et de qui ? Et surtout, comment se reconnaître au milieu de tant d’ombres, de tant de spectres, de tant de titans ?…Qui sommes-nous au juste ? Ce que nous avons été ou bien ce que nous aurions aimé être ? Le tort que nous avons causé ou bien celui que nous avons subi ? Les rendez-vous que nous avons ratés ou les rencontres fortuites qui ont dévié le cours de notre destin ? Les coulisses qui nous ont préservés de la vanité ou bien les feux de la rampe qui nous ont servi de bûchers ? Nous sommes tout cela en même temps, toute la vie qui a été la nôtre, avec ses hauts et ses bas, ses prouesses et ses vicissitudes ; nous sommes aussi l’ensemble des fantômes qui nous hantent.» Ce que le jour doit à la nuit – Yasmina Khadra

vie problème


« Et toi, mon seul ami, toi que je regarde dans la glace, réprime les sanglots secs et, puisque tu veux oser le faire, parle de ta mère morte avec un faux cœur de bronze, parle calmement, feins d’être calme, qui sait, ce n’est peut-être qu’une habitude à prendre? Raconte ta mère à leur calme manière, sifflote un peu pour croire que tout ne va pas si mal que ça, et surtout souris, n’oublie pas de sourire. Souris pour escroquer ton désespoir, souris pour continuer de vivre, souris dans ta glace et devant les gens, et même devant cette page. Souris avec ton deuil plus haletant qu’une peur. Souris pour croire que rien n’importe, souris pour te forcer à feindre de vivre, souris sous l’épée suspendue de la mort de ta mère, souris toute ta vie à en crever et jusqu’à ce que tu en crèves de ce permanent sourire.

Amour de nos mères, à nul autre pareil. …Plus de mère pour rester auprès de moi jusqu’à ce que je m’endorme. Le soir, en me couchant, je mets quelquefois une chaise près de mon lit pour me tenir compagnie. Faute de mère, on se contente de chaise. Le milliardaire de l’amour reçu est devenu clochard. …
Fils des mères encore vivantes, n’oubliez plus que vos mères sont mortelles. Je n’aurai pas écrit en vain, si l’un de vous, après avoir lu mon chant de mort, est plus doux avec sa mère, un soir, à cause de moi et de ma mère. Soyez doux chaque jour avec votre mère. Aimez-la mieux que je n’ai su aimer ma mère. Que chaque jour vous lui apportiez une joie, c’est ce que je vous dis du droit de mon regret, gravement du haut de mon deuil. Ces paroles que je vous adresse, fils des mères encore vivantes, sont les seules condoléances qu’à moi-même je puisse m’offrir. Pendant qu’il est temps, fils, pendant qu’elle est encore là. » Le livre de ma mère – Albert Cohenperte mère vies


« Ce n’est pas ce mort que nous pleurons, ce sont toutes nos morts.
 Nos rêves, nos renoncements, notre intime débâcle… Cette vie qui nous paraît si lente, si fastidieuse certains jours …

Tous ces reflets de nos visages jour après jour après jour après jour qui s’écoulent par la bonde du lavabo. Ces cheveux blancs, ces rides que l’on n’avait pas vues venir, ces sourires qui se décrochent à la moindre seconde d’inattention. Tout ce travail de marionnettistes qu’il faut faire sur soi pour avoir l’air naturel en se déplaçant sur la scène… Ces heures gâchées dans les transports en commun, ces grèves, ces exigences, ces négociations perdues d’avance, ces jours fériés qui tombent un dimanche, cette misère du monde qui nous bouleverse et ce mendiant qui nous gave. Ces enfants qui devront grandir sans banquise, ces footballeurs que l’on adule, ces chercheurs et ces tailleurs de pierre dont tout le monde se contrefout, toutes ces injustices qui ne nous coupent pas l’appétit mais qui nous ballonnent un peu, quand même, au moment de la digestion… Ces mariages qui se fanent, ces attestations que l’on rédige, ces amis virtuels, ces promesses que l’on ne s’est pas tenues, ce corps qui n’est plus tellement désiré et qui, c’est affreux, c’est trop affreux, ne désire plus tellement non plus…Oui, il y a les enterrements de convenance pour tout cela et puis des films, des musiques, certaines chansons qui vous fendent par le milieu dans une allée de supermarché et des dessins animés, même, quand on croyait passer un peu de bon temps avec nos enfants et qu’ils sont obligés, les pauvres, de nous broyer la main en nous rassurant : « Ne pleure pas, maman, ne pleure pas. Tu verras leur petit chien il est pas vraiment perdu, en fait…  » »  Désordre et Sentiments – Anna Gavaldaroutine vies


« J’étais heureuse. Extérieurement. Pas vraiment satisfaite à l’intérieur. Je me demandais si tout ce décor planté et entretenu par mes soins fébriles me convenait. Ce n’était pas tout à fait moi, cette petite ménagère appliquée qui planifiait ses mètres carrés. Je me sentais un peu à l’étroit dans mon petit confort immobilier. Il me rassurait terriblement mais ne me faisait pas pousser des ailes. J’avais besoin de rallonges. 
Mais je sauvais les apparences. J’avais appris très tôt à faire semblant. Semblant que tout va toujours bien et que, comptez sur moi, je me débrouillerai.  C’était même devenu une seconde nature. Depuis qu’on m’avait déclarée « forte et astucieuse »
Je fonçais nerfs verrouillés. Je jetais de la poudre de perlimpinpin pour qu’on n’aperçoive pas mes faiblesses béantes. Je grandissais décidée, insolente, et souriais à l’anicroche qui me poignardait le cœur … Tout cet album d’images à fleurir finissait par me bousiller l’énergie, par me brouiller l’humeur et rendre impossible toute identification de mon moi. J’étais alors en complet dérangement, en bonheur orthopédique. » Moi d’abord – Katherine Pancolquotidien vies


« – À croire que la force centripète qui nous ramène à l’époque de notre naissance se fait plus puissante à mesure qu’on s’en éloigne. Elle est inversement proportionnelle à la distance.
– Mais alors, ce sentiment de nostalgie ne va pas cesser de s’amplifier.
– Exactement. On va être de plus en plus attiré par la chaleur maternelle ressentie bébé, par les chansons qu’on a entendues enfant, ce genre de choses.
–  Et on ne cessera jamais de retourner à ses premières amours.
– Comme nous. » Dis-lui que je l’attends – Takuji Ichikawasouvenirs vies


« Une amie qui s’était battue contre un mal qui rongeait son corps m’a dit un jour :
– La mort, la vraie, l’insupportable perte et absence, c’est la maladie, des jours et des fin de viesnuits interminables de dégradation, de souffrance et d’impuissance. C’est ça la mort, et pas cette fraction de seconde où le cœur s’arrête.
J’ai donné à manger à ma mère. Ma mère mon enfant. Une cuillerée de lait et de fromage. Une petite fille qui mange, les yeux fermés, et ma main tremble d’émotion. Les larmes me montent aux yeux et j’abandonne.
Je sors de la chambre et j’essuie mes larmes en pensant non plus à ma mère, mais à mes enfants. Je ne sais comment s’est fait le transfert. » Sur ma mère – Tahar Benjelloun


« Je possédais ce que l’argent ne pouvait pas acheter mais juste détruire.
Le bonheur.
Mon bonheur, en tout cas. le mien. Avec ses défauts. Ses banalités. Ses petitesses. Mais le mien. » Liste de mes envies – Grégoire Delacourt vies-bonheur

Le trio viral

Une vie à…

Anéantir et Affaiblir tout Amour

Bonifier les Brutalités en les Banalisant

Se Consumer en Consommant Continuellement

Dépouiller la Dignité Dangereusement 

 S’Engouffrer à Emprunter Excessivement 

Finir avec les Fondements de la Famille

Généraliser des Guerres pour le Gain 

S’Habituer aux Hypocrites de l’Humanisme

Intensifier les Inégalités et l’Impunité 

Jaser et Juger chaque Jour

Kiffer le Kif et pas les Keufs

Lapider la Laïcité au nom de la Loi

Manigancer et Manipuler avec des Mots

Nuire à la Nature et à Nous-même

Obéir aux Ordres Obscènes

Perdre ses Principes pour Plaire

Quitter Quelqu’un à cause de Qu’en-dira-t-on

Répandre le Racisme et s’en Réjouir

Souffrir Seul sans Soutien

Tuer la Tendresse en Trompant

User de l’Urbanisation et de l’Ubérisation

Voler comme un Vautour sans Vergogne

Envoyer des Xoxos XL pour les Xénophobes

Zlataner avec des Wechs et des Yeps