Tous coupables

Tous coupables du malheur qui nous frappe

« Le monde arabe se décompose. Ses saints patrons se terrent comme des rats sous les décombres des cités antiques. L’héritage universel de Palmyre, les jardins de Babylone, les pyramides d’Egypte, la magie de Sanaa, la féerie quiète de Carthage, toutes ces beautés meurtries sont jetées en pâture à leurs propres démons. Devant la débandade grandissante, les passeurs s’en mettent plein les poches, les poissons se régalent de cadavres flottants et lorsque, par on ne sait quel miracle, les rescapés atteignent les rivages du salut, on dresse au nez des enfants des murailles barbelées.
Que se passe-t-il ? On a beau interroger les signes avant-coureurs de la catastrophe humaine, on revient toujours à la question qui tue : à qui la faute ? Aux régimes dictatoriaux ? Aux artisans du nouvel ordre mondial ? Aux seigneurs de la Finance pour qui la paix est un chômage technique ? Et la religion, dans tout ça ? Une main devant, une main derrière, Dieu s’avoue dépassé, et le Diable jure sur la vie de ses suppôts qu’il n’y est pour rien.

Le monde arabe se décompose, mais la gangrène ne reconnaît pas les frontières.

Que dire des lendemains lorsque les nuits s’engrossent de drames pour que chaque matin accouche d’une nouvelle tragédie ? Que dire du vivre ensemble lorsqu’en Amérique, les masses populaires s’enthousiasment pour une énormité foraine qui a su faire de l’inélégance un art et de la diatribe une prophétie ? Que dire de l’Humanité, lorsque les pollueurs impénitents s’érigent en sauveurs de la planète, lorsque le libre arbitre se dilue dans le formatage des esprits, lorsque la Pensée tire sa révérence devant le show des carnavaliers ? On dit, silence, ça tourne. Chacun excelle dans son cinéma, et advienne que pourra. La guerre est devenue d’une banalité. Plus personne ne s’en offusque. Devant l’inexorable mise en bière des valeurs et des vertus, les prières n’ont plus cours puisque la messe a été dite. Les rares consciences, qui subsistent encore, ne savent où donner de la tête ; quant aux pyromanes, pris au dépourvu par l’ampleur du sinistre, ils s’interrogent sans conviction sur l’inévitable retour de flamme.

Le monde amorce une dérive sans précédent, et nous sommes là, à chercher un coupable pour nous voiler la face. Or, nous sommes tous coupables du malheur qui nous frappe, coupables d’avoir confié notre destin à des décideurs indécis, coupables d’avoir renoncé à nos responsabilités citoyennes, coupables d’avoir ramené nos voix à un vulgaire bulletin de vote, persuadés ainsi d’avoir tout dit. Pourtant, il est des choses qu’on ne dira jamais assez : «Ça suffit !»  » Yasmina Khadra

Monde arabe
‘Daisy;Anwaar

Une fille qui lit

« Aime une fille qui lit. Aime une fille qui dépense son argent dans les livres au lieu des habits, dont les placards débordent parce qu’elle a trop de livres. Aime une fille qui possède une liste de livres à lire et une carte de bibliothèque depuis l’âge de douze ans.

Trouve-toi une fille qui lit. Tu la reconnaîtras parce qu’elle a toujours un livre à lire dans son sac. Elle regarde avec admiration les livres rangés sur les étagères des librairies, s’extasie discrètement quand elle a trouvé le livre qu’elle cherchait. Tu vois cette fille bizarre qui respire les pages des vieux livres dans les librairies d’occasion ? C’est elle, la lectrice. Elle ne peut pas s’empêcher de respirer les pages des livres, surtout quand celles-ci sont jaunies et fatiguées.

C’est celle qui lit en passant le temps dans le café au coin de la rue. Si tu regardes sa tasse, tu remarqueras que le café a refroidi, parce qu’elle est déjà complètement absorbée par son livre. Perdue dans le monde imaginé par l’auteur. Assieds-toi. Peut-être te lancera-t-elle un regard, car la plupart des filles qui lisent n’aiment pas être dérangées. Demande-lui si elle aime son livre.

Propose-lui une nouvelle tasse de café.

Dis-lui ce que tu penses vraiment de Murakami. Demande-lui si elle a dépassé le premier chapitre de Fellowship. Comprends bien que si elle te dit qu’elle a compris Ulysses de James Joyce, elle dit ça juste pour avoir l’air intelligent. Demande-lui si elle aime Alice ou voudrait être elle.

C’est facile d’aimer une fille qui lit. Offre-lui des livres pour son anniversaire, Noël et toutes les autres fêtes. Offre-lui des mots, des poèmes et des chansons. Offre-lui Neruda, Pound, Sexton et Cummings. Montre-lui que tu as compris que les mots sont de l’amour. Il faut que tu comprennes qu’elle connait la différence entre les livres et la réalité, mais que malgré tout, elle essayera quand même de faire que sa vie ressemble un peu à son livre préféré. Ce ne sera jamais de ta faute si c’est le cas. Il faut qu’elle essaie.

Mens-lui. Si elle comprend la syntaxe, elle comprendra que tu as besoin de mentir. Derrière les mots se cachent d’autres choses : des raisons, des valeurs, des nuances et des dialogues. Ça ne sera pas la fin du monde.

Déçois-la. Parce qu’une fille qui lit sait que les déceptions précèdent toujours des sommets d’émotions. Parce qu’une fille qui lit comprend que toutes les choses ont une fin, mais qu’on peut toujours écrire une suite. Qu’on peut recommencer encore et encore, et rester le héros. Que dans la vie, il y a toujours un ou deux méchants. Pourquoi avoir peur de tout ce que tu n’es pas ? Les filles qui lisent comprennent que les gens, comme les personnages, peuvent évoluer. Sauf dans Twilight.

Si tu trouves une fille qui lit, ne la laisse pas t’échapper. Si tu la retrouves à 2 heures du matin, serrant un livre contre elle et pleurant, prépare-lui une tasse de thé et prends-la dans tes bras. Tu la perdras sûrement pour quelques heures, mais à la fin, elle reviendra toujours. Elle parlera comme si les personnages du livre existaient vraiment, parce qu’ils existent toujours, l’espace d’un instant.

Tu la demanderas en mariage dans une montgolfière. Ou à un concert de rock. Ou l’air de rien, la prochaine fois qu’elle sera malade. Par Skype. Tu souriras tellement que tu te demanderas pourquoi ton cœur n’a pas encore éclaté. Tu écriras l’histoire de vos vies, vous aurez des enfants avec des noms étranges, des goûts étranges aussi. Elle fera découvrir Le chat chapeauté et Aslan à vos enfants, peut-être même les deux dans la même journée. Vous passerez vos vieux jours en vous promenant bras dessus, bras dessous, et elle récitera doucement Keats pendant que tu feras tomber la neige de tes bottes.

Aime une fille qui lit, parce que tu le mérites. Tu mérites une fille qui peut, par son imagination, parer ta vie de mille couleurs. Si tu n’es capable de lui offrir que de la monotonie, des idées ternes et des demi-mesures, mieux vaut rester seul. Si tu veux le monde entier, et tous ceux qui se cachent derrière, aime une fille qui lit. Encore mieux, aime une fille qui écrit. » Rosemarie Urquico

lecture

J’ai connu quelqu’un

« A mes amours anciennes, les seules qui durent.
[…]
Le rien-dire ne sauve pas, moi il ne m’a pas sauvé. Je crois même qu’il m’a enfoncée un peu plus dans la tristesse, le chagrin. Pour être tout à fait honnête, il m’a dévasté parce qu’il est peuplé d’images, le silence, de souvenirs impossibles à chasser, telles ces mouches importunes qui tournent autour du visage, qu’on tente d’éloigner avec de grands mouvements de bras, et qui toujours reviennent. Et puis, dans le silence, on est sans défense : les assauts n’en sont que plus blessants. Alors maintenant, j’essaie les mots, ça ne pourra pas être pire. Qui sait si, en parlant, je ne vais pas me délester de la douleur entassée ? Un peu. Pourquoi t’écrire à toi , me diras-tu ? Mais parce que des paroles sans destinataire ne sont pas vraiment des paroles. Sans écho, elles se perdent. C’est comme si elles n’avaient jamais existé. C’est écrire au vent, au désert, à l’abîme. Si personne ne m’écoute, autant continuer à me taire. Quelqu’un doit m’écouter. Et qui mieux que toi ?
Oui, qui mieux que toi ?
[…]
Ce sont les détails qui me crèvent le plus le cœur, ce sont les choses de presque rien, qui se produisent sans que je les prévoie, surgissent dans mon quotidien, qui me mettent à terre. 
[…]
Non, tu ne m’as rien laissé, que la mémoire. La mémoire, elle, freine les convalescences.
[…]
« Vous vous êtes tant et si mal aimés, tous les deux. » La phrase est venue comme un coup de grâce. Tombée comme un couperet. J’ai entendu le bruit de la lame quand, après sa course brève, elle sectionne les nuques. Tant et si mal aimés. Peut-on viser plus juste ?
[…]
Je me souviens de tout, avec une précision effrayante, en dépit des efforts gigantesques que je déploie pour tout oublier.
[…]
Tu sais cela, toi mieux que quiconque : ma fragilité devant l’irréparable, mon effroi devant l’inintelligible.
[…]
Ne plus être écrasée par les souvenirs mais apprendre à vivre avec eux, ne plus être écrabouillée par le chagrin mais le dominer, ne plus être dans le ressassement mais simplement dans l’effleurement. Ce serait bien alors. Je serais sur la voie de la guérison.
[…]
Les quelques alliés restés dans la place s’empressent de me signaler, sur le faux air de la confidence, que certains – mais pas eux, bien entendu -s’amusent à mesurer les variations de mon humeur, à soupeser mon malheur, à évaluer mes progrès en lisant entre mes lignes. Il s’en trouve même qui éditent mon bulletin de santé rien qu’en observant de plus près les textes que je propose. Les ignorants, oublient-ils que l’écriture est un travestissement, si on le décide ?
[…]
Je suis persuadée que tu ne m’as pas oubliée, tu n’es pas un magicien quand même, tu ne fais pas disparaître les gens, l’oubli n’est pas un événement qui se provoque, c’est seulement avec le temps que les êtres s’estompent, sans s’effacer entièrement du reste. Du coup, c’est un peu pénible, ta façon de m’éloigner, de me tenir à distance telle une pestiférée. J’y vois une inélégance, presque de la cruauté, pardon. Cela présente un avantage néanmoins : m’apprendre à t’en vouloir, certains soirs d’une trop grande fatigue.
[…]
Guérit-on jamais des hommes qui nous quittent ?
[…]
De toute façon, tous les exils sont illusoires, paraît-il, l’éloignement ne règle rien, et on ne finit jamais très loin du point d’où on était parti.
[…]
Seule avec ton souvenir, et ton absence, et ton silence, et l’écriture qui tente de les réduire.
[…]
Sans raison, je me pose cette question : te reconnaîtrais-je si je te revoyais ? Je veux dire : un être peut-il changer au point de nous devenir un étranger ?
[…]
Puisque nous ne nous reverrons pas. Puisque nous n’aurons pas l’occasion de mesurer sur l’autre les ravages du temps. Il est probable que même le hasard désormais ne nous remettra pas en présence. N’empêche, je conserverai ce regret : ne pas savoir précisément l’homme que tu es devenu. Alors tu demeureras, malgré toi, malgré moi, cet amoureux sans beaucoup de défauts. Certains jours, je m’en réjouis. Et d’autres, non. D’autres jours, en effet, ce constat me dévaste. Pourquoi ? Mais parce que, à certains égards, je le confesse, cela m’aurait arrangée que tu sois un peu détestable.
[…]
Rien ne me paraissait pire que de te perdre. Et je t’ai quand même perdu.
[…]
Je ne lui en ai rien dit. Au reste, je ne lui ai presque pas parlé de toi. Il connaît ton existence, bien entendu. Il sait le temps partagé, les amours chaotiques, la séparation. Je lui ai mentionné ton prénom, ta profession, ces choses à quoi on a recours pour définir les gens, pour les situer, mais guère plus. Je n’ai pas évoqué la violence des sentiments, ni celle de la rupture. Je n’ai pas dévoilé les raisons de mon exil, ni les lettres envoyées d’Amérique ou d’Europe. Il ne m’a pas particulièrement questionnée, je n’ai pas eu à lui mentir. Je me tais pour ne pas l’effrayer. Je ne voudrais pas qu’il me considère comme une femme friable, vulnérable, ni comme une malade pas vraiment guérie et susceptible de rechuter. Je lui dissimule les entailles profondes que tu as laissées, aussi bien celles qui me font souffrir que celles qui racontent nos étreintes passées. Ainsi il n’a pas à redouter que je me perde à nouveau. Je suis convaincue néanmoins qu’il a compris l’essentiel. S’il ne m’interroge presque pas, c’est parce qu’il dispose des réponses. Il ne mesure pas exactement l’ampleur des dégâts que tu as causés mais il la devine assurément lorsque, posant ses doigts sur ma peau, il épouse le creux de mes plaies. Ses caresses m’aident à les soigner, ces plaies, enfin.
[…]
Je sais que nous nous reverrons un jour. C’est fatal. Nous ne pourrons pas éternellement nous éviter. Le hasard nous remettra forcément face à face. Oui, disons le hasard, c’est commode, passe-partout. » Se résoudre aux adieux – Phillipe Bessonamour


« Mais dans ses yeux, je lis encore la tristesse de notre séparation, un détail auquel je ne suis pas habituée. Quand nous étions ensemble – surtout au début, quand tout était nouveau et débordant de promesses –, il n’y avait que du rire dans ses yeux. Je me demande si je suis l’unique responsable de cette joie disparue.
La serveuse pose nos boissons sur la table et s’éclipse. Jack me sourit et lève son verre. « Aux vieux amis », dit-il. 
Je contemple l’homme assis en face de moi, l’homme que j’étais sur le point d’épouser. J’observe ses joues rosées, son sourire un peu de travers, ses taches de rousseur sur les bras, ses ongles qu’il ronge encore jusqu’au sang. Il est si authentique. Et malgré son infidélité, j’aime beaucoup cet homme. Je l’apprécie vraiment, simplement. Certains amis sont comme un pull préféré. La plupart du temps, nous choisissons un tee-shirt ou un chemisier. Mais le pull est toujours là, au fond du placard, confortable, rassurant, prêt à nous réchauffer par ces journées ventées. Jack Rousseau est mon pull préféré.
« Aux vieux amis », dis-je en sentant s’installer en moi l’ombre de la nostalgie. Je la repousse aussi vite qu’elle est venue. Je suis avec Michael, à présent. » Un doux pardon – Lori Nelson Spielmanamour


« J’ai connu quelqu’un,  il y a longtemps. C’était un garçon ordinaire, sauf qu’il m’a
tapé dans l’œil dès que je l’ai vu. Il était gentil et tendre. J’ignore comment il a fait, mais au bout d’un flirt il a réussi à être le centre de l’univers pour moi. J’avais le coup de foudre toutes les fois qu’il me souriait, si bien que lorsqu’il me faisait la gueule quelquefois il me fallait allumer toutes les lampes en plein jour pour voir clair autour de moi. Je l’ai aimé comme c’est rarement possible. Par moments, au comble du bonheur, je me posais cette question terrible : et s’il me quittait ? Tout de suite, je voyais mon âme se séparer de mon corps. Sans lui, j’étais finie.
Pourtant, un soir, sans préavis, il a jeté ses affaires dans une valise et il est sorti de ma vie. Des années durant, j’ai eu l’impression d’être une enveloppe oubliée après une mue. Une enveloppe transparente suspendue dans le vide. Puis, d’autres années ont passé, et je me suis aperçue que j’étais encore là, que mon âme ne m’a jamais faussé compagnie, et d’un coup, j’ai recouvré mes esprits …
Ses doigts couvent les miens, les broient.
Ce que je veux dire est simple, Amine. On a beau s’attendre au pire, il nous surprendra toujours. Et si, par malheur, il nous arrive d’atteindre le fond, il dépendra de nous, et de nous seuls, d’y rester ou de remonter à la surface. Entre le chaud et le froid, il n’y a qu’un pas. Il s’agit de savoir où mettre les pieds. C’est très facile de déraper. Une précipitation, et on pique du nez dans le fossé. Mais est-ce la fin du monde ? Je ne le pense pas. Pour reprendre le dessus, il suffit juste de se faire une raison. »
L’attentat – Yasmina Khadraamour


« Il est tellement important de laisser certaines choses disparaître. De s’en défaire, de s’en libérer. Il faut comprendre que personne ne joue avec des cartes truquées. Parfois on gagne, parfois on perd. N’attendez pas que l’on vous rende quelque chose, n’attendez pas que l’on comprenne votre amour. Vous devez clore des cycles, non par fierté, par orgueil ou par incapacité, mais simplement parce que ce qui précède n’a plus sa place dans votre vie. Faites le ménage, secouez la Poussière, fermez la porte, changez de disque. Cessez d’être ce que vous étiez et devenez ce que vous êtes.  …
Mon coeur est blessé mais il se rétablit et j’entrevois de nouveau la beauté de la vie. Cela m’est déjà arrivé, cela m’arrivera de nouveau, j’en suis certain.

Lorsque quelqu’un s’en va, c’est que quelqu’un d’autre va arriver – je rencontrerai de nouveau l’amour. »  Le Zahir – Paulo Coelho


« Mais au fond de lui, il pensait exactement le contraire. Il savait que ce combat était illusoire. On ne peut pas liquider les souvenirs d’un simple coup de balai. Ils restent en nous, tapis dans l’ombre, guettant le moment où l’on baissera la garde pour resurgir avec une force décuplée » Demain – Guillaume Musso


« – Tu parles beaucoup de lui, et chaque fois que tu prononces son nom, ta voix est nostalgique, ça laisse peu de place au doute.
– À quel doute ?
– Aux tiens! Je crois que tu aimes cet homme et que ça te fiche une peur bleue.
– Viens, rentrons chez toi, je commence à avoir froid.
– Comment fais-tu pour avoir autant de courage pour les autres et si peu pour toi ? » Où es-tu? Marc Levyamour

Mon amie n’est plus

« Il est de ces événements qui sortent tout le reste de nos pensées
Certaines circonstances qui nous stoppent net dans notre lancée
Il est de ces réalités qu’on n’était pas près à recevoir
Et qui rendent toute tentative de bien-être illusoire

J’ai pas les mots pour exprimer la puissance de la douleur
J’ai lu au fond de tes yeux ce que signifiait le mot malheur
C’est un souvenir glacial, comme ce soir de décembre
Où tes espoirs brûlants ont laissé place à des cendres

J’ai pas trouvé les mots pour expliquer l’inexplicable
J’ai pas trouvé les mots pour consoler l’inconsolable
Je n’ai trouvé que ma main pour poser sur ton épaule
Attendant que les lendemains se dépêchent de jouer leur rôle

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J’ai pas les phrases miracles qui pourraient soulager ta peine
Aucune formule magique parmi ces mots qui saignent
Je n’ai trouvé que ma présence pour t’aider à souffrir
Et constater dans ce silence que ta tristesse m’a fait grandir

J’ai pas trouvé le remède pour réparer un cœur brisé
Il faudra tellement de temps avant qu’il puisse cicatriser
Avoir vécu avec elle et apprendre à survivre sans
Elle avait écrit quelque part que tu verserais des larmes de sang

Tu as su rester debout et je t’admire de ton courage
Tu avances la tête haute et tu traverses cet orage
À côté de ton épreuve, tout me semble dérisoire
Tout comme ces mots qui pleuvent que j’écris sans espoir

Pourtant les saisons s’enchaîneront saluant ta patience
En ta force et ton envie, j’ai une totale confiance
Tu ne seras plus jamais le même mais dans le ciel dès demain
Son étoile t’éclairera pour te montrer le chemin. » J’ai pas les mots – Grand Corps Malade


« 06116_HDMes chers amis !
Ô combien est ma peine
J’ai perdu un ami
Pas un Roi, pas une Reine
N’étaient plus grands que lui
Il portait sur ses ailes
Le soleil et la pluie
Les fleurs comme des ombrelles
Se sont fermées depuis
Mon ami papillon
A rejoint un jardin
Trop loin des horizons
Et déjà ce matin
Mes yeux remplis de larmes…
…contemplent son souvenir
devant deux petites flammes
Allumées pour lui dire
Qu’il a marqué mon âme
À jamais d’un sourire.

Lulu est passé dans l’existence, comme le souffle d’un ange et reste désormais dans la
mémoire de ceux qu’il a touchés de ses ailes légères. john mcsporran_White With A Hint Of ......_YkdhQmI

Je pense souvent à Lulu. J’y pense chaque jour. À chaque aube et à chaque crépuscule. Il est dans un souffle de vent, dans un rayon de soleil, dans la trajectoire d’un papillon. Il est partout où je suis. J’y pense parfois avec joie, parfois le cœur serré. Il est en
filigrane, entre mes pensées et le reste du monde, pour toujours. Au fond de moi, tout au fond, bien au chaud, quoi qu’il arrive.

Car Lulu est partout là où je suis … » Juste avant le bonheur – Agnès Ledig


« Tu m’avais dit qu’en son temps le chagrin de l’absence s’efface devant la mémoire des souvenirs heureux. Quand cesseras-tu de me manquer autant ?

02638_HDC’est en regardant les objets du quotidien, tel un couteau à beurre, que l’on se rend compte que quelqu’un est parti et qu’il ne reviendra plus ; un stupide couteau à beurre qui taille à jamais des tranches de solitude dans votre vie.»  Le premier Jour – Marc Levy


« Parce qu’elle est ma moitié. Ma sœur de cœur …..
Je peux dire à … tout ce que je ressens sans avoir besoin de rien lui expliquer. Elle me
regarde de ses grands yeux, sans ciller, me sourit, tout un petit sourire, et je sais qu’elle me comprend parfaitement.
Comme personne d’autre au monde ne le peut. Comme personne d’autre au monde ne le pourra » Ma sœur, mon amour – Chitra-Banerjee Divakaruni


« Alice, une chose que je vous souhaite de ne jamais découvrir, c’est qu’un cœur brisé David DeHetre_Despair_YUVrRQest une douleur physique …
Je n’arrive pas encore à croire que tu sois parti. Avant, quand je me réveillais, je me demandais l’espace d’une seconde pourquoi j’avais ce poids de chagrin qui m’écrasait la poitrine et pourquoi mon oreiller était mouillé. J’oubliais parce que c’était trop absurde d’être sans toi. Trop absurde …
Mais tu es vraiment mort. Et sans aucune raison …

Qu’est-on censé faire de tout l’amour qu’on éprouve pour quelqu’un s’il n’est plus là? Qu’advient-il de tout cet amour qui reste? Doit-on le refouler? L’ignorer? Ou le donner à quelqu’un? …
Je n’avais jamais imaginer qu’on puisse penser à quelqu’un tout le temps, qu’on puisse avoir constamment quelqu’un en train de faire des bonds d’acrobate dans vos pensées. Tout le reste était une distraction mal venue entre moi et ce à quoi je voulais songer …
C’est juste tellement …. merde, Rachel. Je sais que ça deviendra plus facile avec le temps, mais c’est tellement affreux… et épuisant et implacable et … Je ne peux pas supporter la vie sans lui …
Je suis restée longtemps assise là, insensible, comme si tout bruit et toute perception s’étaient éteints. Il ne restait plus qu’une étrange sorte de paix : je me sentais vide, comme si mon corps n’avait été empli que de fumée….. “La vie continue”: tant de gens me l’avaient dit. Oui, la vie continue foutrement, mais si vous ne voulez pas, vous, qu’elle continue? Si vous voulez l’arrêter, ou même lutter à contre-courant pour retourner dans un passé dont vous n’acceptez pas qu’il soit passé. “Tu t’en remettras”-encore une autre. Mais je ne voulais pas m’en remettre. Je ne voulais pas m’habituer à sa mort. C’était la dernière chose que je voulais. » Quand tu es parti – Maggie O’Farrel08316_HD


« Je sais l’amour et le dépit, les cœurs brisés et les désillusions. J’ai compris que le temps sert à émousser cette lame de rasoir qu’est le deuil, jusqu’à ce que la plaie des souvenirs soit moins profonde et que ne subsiste plus que la douleur de l’oubli forcé. » Les anonymes –  R.J. Ellory


« Mais il était impossible d’oublier. Pari flottait sans y être invitée à la périphérie de son champ de vision partout où il allait, telle la poussière collée à sa chemise. Elle était 03164_HDprésente dans les silences devenus si fréquents à la maison, des silences qui enflaient entre les mots, tantôt froids, tantôt débordants de choses inexprimées, à la manière d’un nuage chargé d’une pluie qui jamais ne tomberait. …
Leurs querelles se diluaient plus qu’elles ne s’achevaient, comme une goutte d’encre dans un bol d’eau, en laissant une teinture résiduelle persistante … » Ainsi résonne l’écho infini des montagnes – Khaled Hosseini


« Je disais à ma sœur, ou elle me disait, tu viens, on joue à rire ? On s’allongeait côte 03351_HDà côte sur un lit et on commençait. Pour faire semblant, bien sûr. Rires forcés. Rires ridicules. Rires si ridicules qu’ils nous faisaient rire. Alors il venait, le vrai rire, le rire entier, nous emporter dans son déferlement immense. Rires éclatés, repris, bousculés, déchaînés, rires magnifiques, somptueux et fous…Et nous riions à l’infini du rire de nos rires …. »  Le livre du rire et de l’oubli – Milan Kundera 


« Ainsi va la vie : vous faites des projets et puis un accident survient, soufflant votre existence comme la flamme fragile d’une bougie. Une mort aussi subite, c’est toujours affreux, profondément injuste et … si courant » Cinq Jours – Douglas Kennedy


00625_HD« Le soir avec Ramona, sur les marches de la maison, nous dissertions sur la peur atroce de la solitude. Elle attendait toujours le séducteur, pour qui elle abandonnerait son âme ; je soupirais après un bonheur rassurant qui ne me rassurait pas. 
Ramona absente, je ne sais plus très bien ce qui va m’arriver. Elle ne sera plus là pour rectifier ma raison trop folle en folie raisonnable. » Moi d’abord – Katherine Pancol


« Mais là, et pour la première fois, j’ai eu mal, tellement mal. Un coup de poing dans le ventre, le souffle coupé, le cœur en compote, l’estomac complètement écrabouillé. Une douleur physique insoutenable. Mais je n’ai pas hurlé. Ce que je ressens maintenant que la douleur est toujours là mais qu’elle ne m’empêche plus de marcher ou de parler, c’est une sensation d’impuissance et d’absurdité totales. Alors c’est comme ça ? Tout d’un coup, tous les possibles s’éteignent ? Une vie pleine de projets, de discussions à peine commencées, de désirs même pas accomplis, s’éteint en une seconde et il n’y a plus rien, il n’y a plus rien à faire, on ne peut plus revenir en arrière ?7178041825_b15c5a8966_z
Pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti le sens du mot jamais. Eh bien, c’est terrible. On prononce ce mot cent fois par jour mais on ne sait pas ce qu’on dit avant d’avoir été confronté à un vrai « plus jamais ». Finalement, on a toujours l’illusion qu’on contrôle ce qui arrive, rien ne nous semble définitif. […] Mais quand quelqu’un qu’on aime meurt… alors je peux vous dire qu’on ressent ce que ça veut dire et fait très très très mal. C’est comme un feu d’artifice qui s’éteint d’un coup et tout devient noir. Je me sens seule, malade, j’ai mal au cœur et chaque mouvement me coûte des efforts colossaux.» L’élégance du hérisson – Muriel Barbery

L’absent

« … dans ce monde où chacun de nos pas est contrôlé et enregistré, où dans les grands magasins des caméras nous surveillent, où les gens se frôlent sans cesse les uns les autres, où l’homme ne peut même pas faire l’amour sans être interrogé le lendemain par des chercheurs et des sondeurs (« où faites-vous l’amour ? » « combien de fois par semaine ? » « avec ou sans préservatif ? »), comment se peut-il que quelqu’un échappe
à la surveillance et disparaisse sans laisser de traces ? » L’identité – Milan Kundera

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« Ses doigts se refermèrent un peu plus sur les miens. Il dit avec chagrin :
– Je donnerais tout pour croire mon père encore vivant quelque part. Le vivant peut à la longue rentrer à la maison un jour ou l’autre, pas le mort.
Gino me dit bien d’autres choses. Je ne l’écoutais plus. Seul le grincement du portail continuait de ferrailler dans ma tête.  » Les anges meurent de nos blessures – Yasmina Khadra


« Avoir un bébé vous incite sans doute à revivre votre enfance, se dit-il. Les choses auxquelles on ne pense jamais refont soudain surface. » Cette main qui a pris la mienne – Maggie O’Farrell bertvthul_Couple chairs_ak1mRw


« Je n’ai pas beaucoup pris la parole. J’ai mon mot à dire pourtant. Et d’abord ça, cette évidence : le temps a passé sans lui. Ou plutôt il a passé avec son absence ; ce qui n’est pas du tout la même chose.
Cela pèse lourd, une absence. Bien plus lourd qu’une disparition. Parce que avec les morts, c’est commode, on sait qu’ils ne reviendront pas. Tandis que les lointains nous narguent ou nous font espérer. » Vivre vite –  Philippe Besson

« Voir le visage de son père sur ces photos réveillait une vieille sensation en elle, une impression qu’elle nourrissait depuis toujours. Celle que sa vie était marquée parl’absence de quelque chose ou de quelqu’un d’essentiel. Parfois, cela restait vague, à la manière d’un message qui aurait effectué des détours insondables sur des vastes distances, un faible signal radio éloigné, stridulé. Et parfois aussi, elle lui semblait si évidente, cette absence, si intime, si proche d’elle que son cœur faisait un bond. » Ainsi résonne l’écho infini des montagnes – Khaled Hosseini

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